Immobilier

État des lieux de sortie : qui doit être présent, quand le faire et quoi noter

Élise de Montclar 9 min de lecture

L’état des lieux de sortie se fait au départ du locataire, quand le logement est libéré et que les clés sont rendues. Il sert à comparer l’état final du bien avec l’état des lieux d’entrée pour distinguer l’usure normale, l’élément manquant ou la dégradation éventuelle.

Bien préparé, ce document limite les litiges. S’il est imprécis, incomplet ou non signé, il complique la restitution du dépôt de garantie et la preuve des responsabilités de chacun.

À quoi sert vraiment l’état des lieux de sortie ?

L’état des lieux de sortie est un document descriptif établi à la fin du bail d’habitation. Il constate l’état du logement pièce par pièce, des murs aux sols, en passant par les plafonds, les portes, les fenêtres, les sanitaires, la cuisine, les équipements, les compteurs et les annexes éventuelles comme une cave, un garage ou une place de parking.

Son intérêt vient de la comparaison avec l’état des lieux d’entrée. Un mur déjà taché à l’arrivée ne peut pas être présenté comme une dégradation nouvelle au départ. À l’inverse, un élément en bon état à l’entrée et abîmé à la sortie peut justifier une retenue, si la différence est décrite clairement.

Un document contradictoire, pas une simple formalité

L’état des lieux de sortie doit être contradictoire : le locataire et le propriétaire, ou leurs représentants, participent à la visite et peuvent faire leurs observations. Cette présence commune permet de signaler tout de suite un défaut, un équipement absent ou une formulation trop vague.

Le document signé doit ensuite être remis au locataire et au propriétaire, en main propre ou par voie dématérialisée. Chacun doit conserver son exemplaire, car il servira de référence en cas de désaccord ultérieur sur le dépôt de garantie ou sur des réparations demandées.

Logement vide ou meublé : ce qui change

Pour un logement vide, l’appartement ou la maison doit être débarrassé des effets personnels du locataire. Les meubles ajoutés par le locataire, les cartons, les objets de décoration ou les équipements personnels ne doivent pas gêner la vérification des surfaces, des placards ou des murs.

Pour un logement meublé, les équipements et meubles appartenant au propriétaire doivent rester sur place. L’inventaire du mobilier complète alors l’état des lieux : lit, table, chaises, électroménager, vaisselle, luminaires ou tout autre élément prévu au bail doivent pouvoir être contrôlés.

LIRE AUSSI  Étanchéité toit terrasse : les prix au m2 selon les matériaux et la complexité du chantier

Quand et avec qui organiser la visite de sortie ?

L’état des lieux de sortie doit être réalisé au moment de la libération des lieux ou très peu de temps après. En pratique, il est préférable de le prévoir le jour où le locataire quitte définitivement le logement, une fois le ménage terminé et les affaires retirées.

La date se fixe d’un commun accord entre le locataire et le propriétaire. Pour éviter toute contestation, il est prudent de confirmer le rendez-vous par écrit, notamment par courrier recommandé avec avis de réception lorsque les relations sont tendues ou que l’une des parties tarde à répondre.

Présence du propriétaire, de l’agence ou d’un mandataire

Le propriétaire peut réaliser lui-même l’état des lieux, ou être représenté par un professionnel, par exemple un agent immobilier. Le locataire peut aussi se faire représenter s’il ne peut pas être présent, à condition de donner une procuration à une personne de confiance.

La procuration doit identifier clairement le mandant, la personne mandatée, le logement concerné et la mission confiée : assister à l’état des lieux de sortie, formuler des observations, signer le document et remettre ou recevoir les clés selon le cas. Une copie de la pièce d’identité peut utilement accompagner ce mandat.

Les conditions matérielles à respecter

La visite doit se faire dans de bonnes conditions d’éclairage. Une pièce sombre, une ampoule manquante ou un rendez-vous trop tardif peuvent empêcher de constater correctement une fissure, une tache ou un défaut sur un revêtement. Mieux vaut prévoir un créneau en journée et vérifier que l’électricité permet encore d’allumer les pièces.

Le logement doit contenir les éléments mentionnés dans le bail : équipements de cuisine, sanitaires, dispositifs de chauffage, placards, accessoires fournis, meubles du propriétaire en location meublée. Si un élément a été remplacé ou retiré, il faut le signaler précisément plutôt que laisser une mention ambiguë.

Que doit contenir un document conforme et utile ?

Un bon état des lieux de sortie n’est pas seulement un formulaire signé à la hâte. Il doit être assez précis pour permettre une comparaison objective. Les modèles conformes à la loi Alur, en PDF ou Word, aident à ne pas oublier les rubriques essentielles.

Élément à vérifier Ce qu’il faut noter
Identification Nom du locataire, propriétaire ou mandataire, adresse du logement, date de la visite.
Pièces État des murs, sols, plafonds, portes, fenêtres, prises, radiateurs et rangements.
Équipements Présence, fonctionnement apparent et état des appareils ou installations fournis.
Compteurs Relevés d’eau, d’électricité ou de gaz lorsque cela s’applique.
Accès Nombre de clés, badges, bips, télécommandes et autres moyens d’accès restitués.
Meublé Inventaire du mobilier, état des meubles et présence des équipements prévus.
LIRE AUSSI  Transformer un hangar en maison : les 3 pièges administratifs et techniques à éviter

Décrire sans exagérer ni minimiser

Les formulations générales comme « logement abîmé » ou « bon état » sont souvent insuffisantes. Il vaut mieux écrire : « deux impacts visibles sur le mur du séjour, côté fenêtre » ou « rayure de 15 cm sur le plan de travail, près de l’évier ». La précision protège les deux parties : elle évite les réclamations floues et les contestations inutiles.

Il faut aussi distinguer ce qui peut relever de l’usure normale de ce qui ressemble à une dégradation. Une peinture légèrement passée avec le temps n’a pas la même portée qu’un trou non rebouché, une porte cassée ou un meuble manquant. Quand le doute existe, les observations de chaque partie peuvent être inscrites dans le document.

Remise des clés, loyers et dépôt de garantie : les conséquences concrètes

La remise des clés est une étape centrale. Le locataire doit restituer toutes les clés et tous les moyens d’accès confiés : badge d’immeuble, bip de parking, télécommande de portail, clé de cave, boîte aux lettres ou local vélo. Cette remise libère le locataire du paiement des loyers et charges pour l’avenir.

En revanche, restituer les clés ne fait pas disparaître les dettes déjà existantes. Des impayés de loyer, des charges dues ou des sommes justifiées par des dégradations peuvent encore être réclamés après le départ.

Les clés ne sont donc pas de simples objets à rendre. Elles marquent la fin de l’occupation réelle. Tant que tous les accès ne sont pas restitués ou clairement inventoriés, une zone grise subsiste : qui peut entrer, qui supporte le risque, et quand l’occupation cesse vraiment ? Lister chaque moyen d’accès, y compris le badge oublié au fond d’un sac ou le bip de garage confié à un colocataire, permet de fermer proprement ce point et d’éviter qu’un détail matériel devienne un litige financier.

Le lien avec le dépôt de garantie

L’état des lieux de sortie sert à déterminer si le dépôt de garantie doit être restitué intégralement ou si certaines retenues peuvent être envisagées. Les retenues ne doivent pas reposer sur une impression générale, mais sur des différences constatées entre l’entrée et la sortie, des dégradations identifiables ou des éléments manquants.

Le locataire a donc intérêt à nettoyer le logement, reboucher les petits trous lorsque c’est possible, remplacer les ampoules manquantes et regrouper tous les documents utiles. Le propriétaire, de son côté, doit éviter les mentions excessives et s’appuyer sur une description factuelle.

LIRE AUSSI  Peut-on déduire les intérêts d’emprunt pour une résidence principale en 2025

Refus, absence ou désaccord : comment débloquer la situation ?

Il arrive qu’une partie refuse de venir, de réaliser l’état des lieux ou de signer le document. Dans ce cas, l’état des lieux amiable devient difficile, voire impossible. Le recours à un commissaire de justice permet alors d’établir un constat locatif.

Le commissaire de justice prévient les parties par lettre recommandée avec accusé de réception au moins 7 jours à l’avance. Ce délai laisse à chacun le temps d’être informé officiellement de la date du constat et de s’organiser pour être présent ou représenté.

Si l’une des parties refuse de signer

Un refus de signature doit être pris au sérieux. Il peut venir d’un désaccord sur une dégradation, d’une formulation jugée injuste ou d’un élément oublié. Avant de rompre l’échange, il est souvent utile d’ajouter les réserves de chacun dans le document. Le désaccord reste visible, sans empêcher forcément la remise des clés.

Si aucune solution amiable n’est possible, le constat locatif par commissaire de justice apporte un cadre plus formel. Il est particulièrement utile lorsque le propriétaire vit loin, lorsque le locataire a déjà déménagé à l’étranger ou lorsque les relations sont trop dégradées pour permettre une visite contradictoire sereine.

Modèle PDF, Word ou état des lieux en ligne

Utiliser un modèle d’état des lieux de sortie est recommandé, surtout pour ne pas oublier les mentions importantes. Le format PDF prêt à imprimer convient à une visite papier. Le format Word modifiable permet d’adapter le document à un logement particulier, à une annexe ou à une location meublée avec inventaire.

Un état des lieux en ligne sur tablette ou smartphone peut aussi faciliter la saisie, la remise dématérialisée et l’archivage. Quel que soit le support, l’essentiel reste le même : un document daté, détaillé, contradictoire, signé et remis aux deux parties.

Élise de Montclar
Retour en haut